Vous n'avez pas vraiment le choix, et c'est une bonne nouvelle
Commençons par lever un malentendu fréquent. Les trois voies du concours de rédacteur territorial ne sont pas trois options entre lesquelles un candidat arbitrerait librement : ce sont trois portes d'entrée qui correspondent à trois profils, et votre situation détermine largement celle qui vous est ouverte.
Vous êtes déjà agent public depuis au moins quatre ans : le concours interne vous est ouvert.
Vous avez quatre ans d'activité professionnelle dans le privé, ou de mandat électif local, ou de responsabilité associative, sans avoir été agent public pendant ces années : le troisième concours vous est ouvert.
Vous avez le baccalauréat et ni l'un ni l'autre de ces parcours : c'est l'externe.
La vraie question n'est donc pas « quelle voie choisir » mais « qu'est-ce que ma voie implique pour ma préparation ». Et là, les différences sont substantielles.
Ce qui change vraiment d'une voie à l'autre
Trois différences, par ordre d'importance pratique.
Le nombre d'écrits. L'externe en passe deux : une note à partir d'un dossier, puis une série de questions dans un domaine au choix. L'interne et le troisième concours n'en passent qu'un : une note à partir d'un dossier, dans un domaine au choix. C'est une journée d'épreuves en moins, et un exercice en moins à maîtriser.
Le poids relatif de l'oral. Toutes les épreuves étant au coefficient 1, l'entretien représente un tiers du total pour un externe, et la moitié pour un interne ou un candidat de troisième concours. La même épreuve n'a donc pas du tout le même enjeu selon la voie.
L'objet de l'entretien. C'est la différence la plus mal connue, et elle se prépare longtemps à l'avance. Nous la détaillons dans notre guide dédié à l'entretien, mais le principe tient en une ligne : l'externe expose sa formation et son projet professionnel, l'interne et le troisième concours exposent les acquis de leur expérience.
| Externe | Interne | Troisième concours | |
|---|---|---|---|
| Condition d'accès | Baccalauréat ou titre de niveau 4 | 4 ans de services publics | 4 ans d'activité, de mandat local ou de responsabilité associative |
| Nombre d'écrits | 2 | 1 | 1 |
| Part de l'oral dans le total | 1 tiers | 1 moitié | 1 moitié |
| Point de départ de l'entretien | Formation et projet professionnel | Acquis de l'expérience | Acquis de l'expérience |
| Part des postes | Au moins 30 % | Au plus 50 % | Au plus 20 % |
Les quatre ans, et ce qui compte dedans
La condition d'ancienneté est la même en durée pour l'interne et pour le troisième concours, mais elle ne porte pas sur la même chose, et c'est là que les candidats se trompent.
Pour le concours interne, ce sont quatre années de services publics, appréciées au 1er janvier de l'année du concours. Le Code général de la fonction publique précise que le temps accompli en service civique ou en volontariat international entre dans le calcul de cette ancienneté : si vous en avez fait un, ne l'oubliez pas dans votre dossier.
Pour le troisième concours, ce sont quatre années d'activité professionnelle de toute nature, ou de mandat de membre d'une assemblée élue d'une collectivité territoriale, ou d'activité de responsable d'association, bénévolat compris. La règle décisive est ailleurs : ces périodes ne comptent que si vous n'aviez pas alors la qualité d'agent public, de magistrat ou de militaire.
Lisez bien « agent public », et pas seulement « fonctionnaire ». La notion englobe les agents contractuels de droit public. Un contractuel de collectivité qui compterait ses années de contrat pour se présenter au troisième concours verrait son inscription rejetée : ces années-là ouvrent le concours interne, pas celui-ci.
Seconde condition, moins connue et tout aussi filtrante : les activités professionnelles retenues doivent avoir été exercées dans des domaines correspondant aux missions du premier grade du cadre d'emplois visé. Quatre années d'activité sans rapport avec les missions administratives d'une collectivité ne suffisent donc pas à elles seules. Et lorsque plusieurs activités se chevauchent dans le temps, la période commune ne se compte qu'une fois.
Cette exclusion est logique une fois qu'on l'a vue : le troisième concours existe pour ouvrir la fonction publique à des parcours qui lui sont extérieurs. Le Code réserve toutefois une exception, les activités syndicales, dont la durée reste prise en compte pour l'accès à cette voie.
Les quotas de postes se lisent au bon endroit
Le statut particulier fixe la répartition des postes entre les voies : au moins 30 % à l'externe, au plus 50 % à l'interne, au plus 20 % au troisième concours.
Ces pourcentages décrivent un cadre, pas la réalité d'une session donnée. Le nombre de postes réellement ouverts par voie figure dans l'arrêté d'ouverture du concours publié par le centre de gestion organisateur, et il varie d'un territoire à l'autre.
Un exemple concret le montre bien : pour la session 2021 organisée par le centre de gestion du Puy-de-Dôme, 80 postes étaient ouverts, dont 24 à l'externe, 40 à l'interne et 16 au troisième concours. C'est le chiffre d'un centre pour une année, il ne se transpose pas ailleurs.
Avant de conclure quoi que ce soit sur vos chances, lisez l'arrêté de votre session.
À retenir
Votre situation détermine votre voie, elle ne se choisit pas librement.
L'externe passe deux écrits, l'interne et le troisième concours un seul.
L'oral vaut la moitié du concours pour l'interne et le troisième concours, un tiers pour l'externe.
Quatre ans de services publics pour l'interne, quatre ans d'activité hors fonction publique pour le troisième concours : les deux compteurs ne s'additionnent pas.
Le service civique compte dans l'ancienneté du concours interne.
Les quotas 30/50/20 sont un cadre : les postes réels par voie figurent dans l'arrêté d'ouverture de votre session.
▸ SOURCES
- Décret n° 2012-942 du 1er août 2012 fixant les modalités d'organisation des concours pour le recrutement des rédacteurs territoriaux, articles 2 à 4 — Légifrance
- Décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des rédacteurs territoriaux, article 5 — Légifrance
- Code général de la fonction publique, sous-section 3, troisième concours, articles L325-7 et L325-8 — Légifrance
- Décret n° 2010-329 du 22 mars 2010 portant dispositions statutaires communes à divers cadres d'emplois de catégorie B de la fonction publique territoriale, article 4 (conditions d'accès aux trois voies, quatre ans appréciés au 1er janvier) — Légifrance
- Code général de la fonction publique, article L325-6, prise en compte du service civique et du volontariat dans l'ancienneté exigée pour les concours internes — Légifrance
- Rapport de jury, concours de rédacteur territorial, session 2021 — Centre de gestion du Puy-de-Dôme (CDG63)