La différence n'est pas là où on la cherche
Sur la plupart des concours de la fonction publique, changer de voie change les épreuves. Ici, presque pas : une seule différence subsiste, et elle porte sur l'entretien.
Pour le grade d'adjoint administratif territorial principal de 2e classe, le décret organise les mêmes épreuves, aux mêmes durées et aux mêmes coefficients pour le concours externe, le concours interne et le troisième concours. Français, tableau numérique, entretien, épreuve pratique de bureautique : la liste ne bouge pas d'une voie à l'autre. Une seule différence subsiste, et elle est dans l'objet de l'entretien : pour le concours interne et le troisième concours, il porte en plus sur l'expérience du candidat.
Ce qui vous distingue d'un autre candidat n'est donc pas ce que vous passerez, mais le titre auquel vous vous présentez. Et c'est ce titre qui détermine si votre inscription est recevable, ainsi que le nombre de places auxquelles vous concourez : le statut particulier réserve au moins 40 % des postes au concours externe, au plus 40 % au concours interne et au plus 20 % au troisième concours.
Une précision utile pour ceux qui prépareront d'autres concours ensuite : cette identité d'épreuves n'est pas une règle générale. D'autres cadres d'emplois de la fonction publique territoriale prévoient des épreuves nettement différentes selon la voie. Vérifiez toujours le décret propre au concours visé plutôt que de transposer ce que vous savez d'un autre.
| Voie | Pour qui | Condition | Part des postes |
|---|---|---|---|
| Concours externe | Candidat venu du privé ou sans expérience publique | Diplôme de niveau CAP, BEP ou brevet, ou équivalence | Au moins 40 % |
| Concours interne | Agent déjà en poste dans le secteur public | Au moins 1 an de services publics effectifs au 1er janvier | Au plus 40 % |
| Troisième concours | Parcours professionnel hors public, électif ou associatif | Au moins 4 ans, hors qualité de fonctionnaire ou agent public | Au plus 20 % |
Le concours externe : un diplôme de niveau CAP ou BEP
Voici le point sur lequel circule le plus de confusion, et il faut le dire nettement : le concours externe exige un diplôme. Le statut particulier du cadre d'emplois l'ouvre aux candidats titulaires d'un titre ou diplôme classé au moins au niveau V de l'ancienne nomenclature, ce qui correspond au niveau 3 actuel : CAP, BEP ou brevet des collèges. Une qualification reconnue équivalente est admise.
D'où vient la confusion ? Du grade. Le cadre d'emplois comporte bien un recrutement sans aucun diplôme, mais c'est celui du grade de base, qui se fait sans concours, sur dossier. Le concours, lui, porte sur le grade principal de 2e classe, et il demande ce niveau de diplôme. Les deux informations circulent mélangées, et un candidat sans diplôme qui s'inscrit au concours voit son dossier écarté.
Ce niveau reste modeste, et cette voie demeure la plus ouverte des trois : elle s'adresse aux candidats venus du secteur privé, en recherche d'emploi ou en reconversion, sans ancienneté publique à faire valoir.
S'ajoutent les conditions générales d'accès à la fonction publique : nationalité française ou d'un État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, jouissance des droits civiques, casier judiciaire compatible avec les fonctions, position régulière au regard des obligations du service national, et aptitude physique à l'emploi.
Le concours interne et le troisième concours
Le concours interne s'adresse aux agents publics déjà en poste. La condition est d'au moins un an de services publics, appréciée au 1er janvier de l'année du concours. Elle s'entend largement : les services accomplis dans la fonction publique d'État, la territoriale ou l'hospitalière comptent, que vous soyez titulaire ou contractuel, et les services effectués dans une organisation internationale intergouvernementale sont pris en compte.
C'est la voie de l'agent contractuel d'une collectivité qui veut se titulariser, ou de l'agent d'une autre fonction publique qui rejoint la territoriale.
Le troisième concours est moins connu et souvent sous-utilisé, même s'il ne se voit réserver qu'au plus 20 % des postes. Il s'adresse à ceux qui justifient, au 1er janvier de l'année du concours, d'au moins quatre ans au titre de l'un de ces parcours : l'exercice d'une ou plusieurs activités professionnelles comportant des fonctions d'exécution administrative, de comptabilité, d'accueil du public ou assimilées ; l'exercice d'un ou plusieurs mandats de membre d'une assemblée élue d'une collectivité territoriale ; ou une responsabilité au sein d'une association.
Une exclusion à connaître : ces quatre années ne doivent pas avoir été accomplies en qualité de fonctionnaire ou d'agent public. Le troisième concours est fait pour les parcours venus d'ailleurs, pas pour cumuler avec une ancienneté publique, laquelle relève du concours interne.
La mention du mandat électif et de la responsabilité associative mérite d'être soulignée : elle ouvre la voie à des parcours que le concours externe ne valorise pas et que le concours interne exclut, faute de services publics.
À retenir
Les trois voies passent des épreuves de mêmes natures, de mêmes durées et de mêmes coefficients pour ce grade. La différence tient à la condition d'accès, et à un seul point du contenu : l'objet de l'entretien, élargi à l'expérience pour le concours interne et le troisième concours.
Externe : un diplôme de niveau CAP, BEP ou brevet des collèges, ou une équivalence, plus les conditions générales d'accès à la fonction publique. Au moins 40 % des postes. Le recrutement SANS diplôme existe, mais il vise le grade de base et se fait sans concours.
Interne : au moins un an de services publics effectifs, titulaire ou contractuel, dans l'une des trois fonctions publiques. Au plus 40 % des postes.
Troisième concours : au moins quatre ans d'activité professionnelle hors secteur public, de mandat électif local ou de responsabilité associative. Au plus 20 % des postes.
La condition s'apprécie au 1er janvier de l'année du concours, pas à l'inscription.
Ne généralisez pas l'identité des épreuves aux autres concours territoriaux : elle est propre à ce cadre d'emplois.
▸ SOURCES
- Décret n° 2007-109 du 29 janvier 2007 relatif aux modalités d'organisation des concours pour le recrutement des adjoints administratifs territoriaux — Légifrance
- Décret n° 2006-1690 du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints administratifs territoriaux — Légifrance
- Les centres de gestion de la fonction publique territoriale — Direction générale des collectivités locales
Comment choisir, concrètement
Trois questions dans cet ordre suffisent à trancher.
Avez-vous au moins un an de services publics au 1er janvier de l'année du concours ? Si oui, le concours interne vous est ouvert, et c'est généralement la voie la plus naturelle pour un agent en poste : l'entretien avec le jury y valorise une expérience que vous pourrez décrire précisément.
Sinon, avez-vous quatre ans d'activité professionnelle hors secteur public, de mandat local ou de responsabilité associative ? Le troisième concours vous est alors ouvert. Il attire moins de candidats, mais il se voit aussi réserver au plus 20 % des postes : la concurrence n'y est pas mécaniquement plus faible.
Sinon, c'est le concours externe, qui demande un diplôme de niveau CAP ou BEP, et qui n'est en rien une voie de second rang : c'est la voie principale, avec au moins 40 % des postes.
Dans tous les cas, la condition s'apprécie au 1er janvier de l'année du concours, et non à la date de l'inscription ni à celle des épreuves. Quelques semaines d'ancienneté peuvent donc décider de votre éligibilité à une voie, ce qui vaut la peine d'être calculé avant de s'inscrire.